Si loin si proche – La Grande Guerre sous le regard des BU


  • Focus 2014 : La « Grande Guerre » sous le regard des BU de l’Université de Lorraine

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Guerres et Conflits Centenaire 1914-1918 : Ils avaient entre 18 et 35 ans

Sujets: article de presse en ligne

Est Républicain

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1,4 million de soldats morts aux combats, 3,5 millions de blessés, 600 000 veuves devenues chefs de famille, travaillant dans les champs ou à l’usine, 760 000 orphelins… Une France meurtrie, une jeunesse fauchée.

 

Aujourd’hui, nous avons voulu mettre à l’honneur tous ces hommes anonymes qui, pour beaucoup, ont payé de leur sang notre liberté. En plongeant, sans voyeurisme, dans les centaines d’échanges que les Poilus ont faits avec leur famille. L’être aimée restée seule ou élevant un enfant, les parents pour qui tous ces soldats entretiennent un amour filial respectueux… tant de mots écrits sur des cartes postales, des bouts de papier, pour certains tâchés par la boue, la sueur, pour tous imprégnés de sentiments à fleur de peau.

 

Ces extraits de lettres de Poilus seront publiés une fois par mois. Les correspondances ont été épluchées mot après mot, toutes ces dernières semaines par notre service documentation. Un travail qui n’a pu aboutir que grâce à vos envois, archivés religieusement depuis un siècle par des familles, témoins au travers d’un aïeul, de cette épouvantable guerre.

 

Ainsi nous pourrons suivre certains de ces jeunes hommes jusqu’au bout de ces 5 longues années, comme Gustave Claudel, âgé en 1914 de 26 ans, qui a laissé une jeune femme, Marie, et leur petite fille, Germaine, à Zainvillers dans les Vosges. Gustave ne verra pas les premiers pas de son enfant. C’est Marie qui lui apprendra. Il lui écrira le 20 décembre 1914 : « Ce qui me cause aussi beaucoup de peine, c’est de ne pas avoir vu les premiers pas de notre petit coco, et d’être privé d’entendre les bons mots qu’elle doit commencer à dire ». Mais Gustave rentrera de la Guerre. Et la vie reprendra avec Marie et Germaine. D’autres n’auront pas cette chance. Certains extraits de courriers que nous publierons au fil des mois, seront les derniers écrits par de jeunes hommes. Parfois même à la veille de leur mort. Tous témoignent de la peur, du dégoût mais aussi du courage et de la loyauté. La foi est aussi profonde chez ces soldats et beaucoup remettent leur vie entre les mains de Dieu. La plupart de ces courriers se veulent rassurants et commencent ou se terminent par trois mots « Je vais bien ».

Volontairement nous nous sommes intéressés aux correspondances envoyées par les Poilus, et non pas aux lettres, nombreuses elles aussi, de leurs familles, ni aux carnets de route ou mémoires que certains d’entre eux ont rédigés. Il a fallu choisir, tout comme il a fallu choisir des passages dans ces courriers… C’est donc leur vie, telle qu’ils la racontaient à leurs proches que nous effleurons dans ces courts extraits de lettres. En mémoire de cette jeunesse, si mature dans ses propos, gâchée. Ils auraient pu être nos fils, nos frères ou nos maris. C’était il y a un siècle !

 

Roseline BERTRANDJérôme ESTRADA

 

Note(s) :

 

L’intégralité des courriers sur www.estrepublicain.fr

 

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Numéro de document : news·20140908·ERP·912793788154

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