Si loin si proche – La Grande Guerre sous le regard des BU


  • Focus 2014 : La « Grande Guerre » sous le regard des BU de l’Université de Lorraine

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Exposition « A fendre le coeur le plus dur » à Sélestat (Alsace)

Sujets: événement

 

 

 

expo frac alsace 2015

 

 

 

« Interpréter l’archive
À fendre le cœur le plus dur / Témoigner la guerre est un projet artistique transversal à l’initiative de l’historien Pierre Schill, qui associe art contemporain, danse, photographie, littérature et histoire.

Ce projet trouve son origine dans la découverte d’une archive inédite composée de photographies et d’écrits datant de 1911, et réalisée près de Tripoli, sur le territoire de l’actuelle Libye.
Cet ensemble résulte de la commande d’un reportage sur la guerre de colonisation qui opposa le Royaume d’Italie et l’Empire ottoman, passée par le quotidien Le Matin à l’homme de lettres français Gaston Chérau (1872-1937).

 

Postulant la fécondité d’une approche croisée, l’exposition rassemble, autour de l’archive elle-même, des oeuvres d’artistes visuels et plasticiens (Kader Attia, Rossella Biscotti, Broomberg & Chanarin, Alexis Cordesse, Agnès Geoffray, Lamia Joreige, Rabih Mroué, Estefania Peñafiel Loaiza) engagés dans l’analyse des processus de représentation.

 

Les œuvres sont mises en relation avec une pièce et une installation chorégraphique créées par le danseur et chorégraphe Emmanuel Eggermont (accompagné de Jihyé Jung et Elise Vandewalle), ainsi qu’avec une production littéraire des écrivains Jérôme Ferrari et Oliver Rohe et une approche historique proposée par Pierre Schill.

 

Déjouant la discipline historique et l’approche documentaire classique au profit d’une valorisation de la valeur heuristique des images, cette exposition plonge le visiteur dans une autre temporalité. Les enjeux ne reposeraient plus seulement sur l’exactitude des informations et la rigueur des analyses, mais sur quelque chose de plus ténu, qui tiendrait des mots d’effroi de Gaston Chérau.

 

 

Il s’agirait de nous confronter à ces questions : que provoquent en nous ces images, que nous apprennent-elles, comment nous transforment-elles ?
Quelle est cette horreur, cette terreur ? Qui sont ceux qui la fixent ?
Comment relier ces images à notre moment présent ? Cent ans après
les lecteurs de Chérau dans Le Matin, le visiteur pourrait ici endosser
la place du témoin.

 

Au cœur d’une société ébranlée par la question de l’autre, l’exposition À fendre le cœur le plus dur / Témoigner la guerre est ainsi pensée comme une réflexion sur le présent et sur le poids des traumatismes qu’il porte.
En invitant l’historien mais aussi divers regards et langages artistiques à se rencontrer autour de l’archive-source, À fendre le cœur le plus dur /Témoigner la guerre en propose une analyse qui tente de comprendre l’événement saisi par les images autant que de s’en affranchir et de le déborder.

 

La figure du témoin

 

Dans une lettre à son épouse, Gaston Chérau confie : « J’ai encore vu des choses à fendre le cœur le plus dur ». Ses brouillons d’articles et sa correspondance permettent de saisir dans un registre intime les effets de la découverte de l’Afrique et de la confrontation avec la guerre, entre contrainte professionnelle, parole publique et tourments privés.

 

En pendant au souci d’objectivité que suppose sa mission, Gaston Chérau laisse poindre, face au spectacle de la violence, un discours subjectif de fragilité et d’empathie.

 

À fendre le cœur le plus dur / Témoigner la guerre se développe ainsi autour de la question du témoin,dont le propre est de produire des récits à partir de l’événement,des récits pluriels qui échappent autant à la rigueur scientifique de l’historien qu’à la dynamique de la sensation du reporter.

 

L’exposition se construit sur le déplacement du processus historique et de la chaîne des témoins qui d’ordinaire fabriquent les représentations. »

 

 

Informations pratiques
  • Frac Alsace / Agence culturelle d’Alsace
  • 1 Route de Marckolsheim à Sélestat
  • Exposition du 23 mai au 18 octobre 2015
    (y compris les 24 et 25 mai et le 15 août)
  • Du mercredi au dimanche de 14h à 18h
  • Visites guidées gratuites sur rendez-vous
  • Accueil des groupes tous les jours sauf lundi, sur rendez-vous
  • Entrée libre

 

 

 

Source : Site FRAC Alsace / Agence culturelle d’Alsace

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